Au Japon et en dehors du Japon
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Musée commémoratif Namikawa des émaux cloisonnés

Description

Dans le quartier de Higashiyama 東山区 de Kyōto 京都, au bord de la rivière Shirakawa 白川, le Musée commémoratif Namikawa Yasuyuki des émaux cloisonnés (Namikawa Cloisonné Museum en anglais), Namikawa Yasuyuki Shippō Kinenkan 並河靖之七宝記念館, est implanté sur le site même de l’ancienne habitation et l’atelier de Yasuyuki NAMIKAWA 並河靖之 (1845-1927). NAMIKAWA a été un des plus grands maître japonais de l’émail sous l’ère Meiji (1868-1912).

Le musée actuel présente un grand nombre d’objets utilisant la technique du « yūsen shippō » 有線七宝, c’est-à-dire l’émail cloisonné à fils métalliques ainsi que des dessins préparatoires. La maison, construite entre 1893 et 1894, est une maison traditionnelle de commerce et d’habitation de Kyōto, « kyō-machiya » 京町家,exploitant une parcelle profonde, associant une résidence, des espaces de travail et des locaux annexes. La façade sur rue est aussi typique constituée de jalousies en bois, « degōshi » 出格子 et de fenêtres « à cage d’insectes », « mushiko-mado » 虫籠窓.

Le jardin de la maison Namikawa, « Namikawa-ke Teien » 並河家庭園, fut réalisé par Ogawa Jihei VII 小川治兵衛 (1860-1933), connu sous le nom de UEJI 植治, alors voisin de Namikawa.

L’aménagement fut réalisé en 1894, en même temps que l’achèvement de la maison. Il s’agit de l’une des premières réalisations importantes de UEJI et surtout de son premier jardin privé utilisant l’eau du Canal du Lac Biwa, « Biwako Sosui » 琵琶湖疏水, comme cela sera la cas pour la villa Murin-an 無鄰菴 entre 1894 et 1898. L’eau, amenée dans la propriété notamment pour l’activité de l’émail, constitue aussi l’élément central de l’aménagement du jardin eu centre de la propriété. Ce bassin paysager, « enchi » 園池, d’une surface relativement réduite, est étroitement lié au bâtiment puisqu’il s’étend jusque sous la véranda, « engawa » 縁側/掾側, de l’habitation, en créant une association forte entre architecture et eau. À partir de ce bassin, se développent deux petites ramifications autour d’une longue bassine, « chōzubachi » 手水鉢, en forme de jujube. Cette transition du bassin vers le courant peu profond donne au jardin un caractère dynamique.

UEJI a aussi joué avec la mise en place de nombreuses pierres. Certaines sont disposées directement dans l’eau, d’autres viennent s’insérer sous le bâtiment, servant de fondation et donnant ainsi l’impression que la construction et le paysage reposent sur un même socle naturel. Des lanternes de pierre et plusieurs éléments anciens ont été réemployés : une douzaine de lanternes, « ishidōrō » 石灯籠, dont une remarquable lanterne de type « nishinoya-dōrō » 西ノ屋型灯籠, datant de l’époque Momoyama ou du début de l’époque Edo, ainsi que trois bassins de pierre et des éléments provenant de constructions anciennes. Des pagodes de pierre, « sekisōtō » 石層塔, d’échelle volontairement réduite, renforcent le caractère de paysage miniature du jardin Les cheminements sont eux aussi traités à une échelle volontairement réduite pour s’adapter à la petite dimension du jardin. Les pierres de passage, « tobi-ishi » 飛石, ne forment pas une simple ligne fonctionnelle : leurs formes, leurs dimensions et leurs tonalités sont soigneusement variées, composant presque un dessin au sol. Des pierres plus importantes, notamment une pierre de séparation, « fumiwake-ishi » 踏分石, et de grandes pierres de descente, « kutsunugi-ishi » 沓脱石, structurent les transitions entre le jardin et les bâtiments. Le passage, « inugawa » 犬走り, longeant le bâtiment, utilise de petites pierres noires et de nombreuses anciennes tuiles réemployées, offrant un aspect décoratif au cheminement.

La contemplation du jardin depuis la véranda est intrinsèque à la composition ; les façades vitrées des salles recouvertes de tatamis, « zashiki » 座敷, furent conçues pour recevoir les visiteurs étrangers, avec comme point de vue la position assise sur chaise. Le jardin devient ainsi une véritable composition à contempler depuis l’intérieur : eau, pierres, lanternes et végétation forment un paysage miniature, conçu à la fois pour l’usage quotidien de la demeure et pour impressionner les visiteurs venus admirer les émaux de Namikawa.

Par son utilisation novatrice de l’eau en provenance du lac Biwa, la présence centrale de l’eau et la densité des éléments minérales, le jardin de Namikawa constitue un jalon dans l’évolution du travail de UEJI. Il annonce les grands jardins qu’il réalisera plus tard à Kyōto puis à Tōkyō et montre déjà cette relation étroite entre architecture, eau et paysage qui caractérise son œuvre.

Parmi les autres réalisations d’UEJI, vous trouverez sur le site japonjardin. fr les jardins suivants :

Plan

Dessins

Elévation et perspective officielles.

Galeries de photographies

La façade sur rue.

Vues larges

Vues de détail

Les éléments majeurs.

Références bibliographiques

  • UEJI, The Genius of Water and Stone, The Great Masters of Gardens of Kyoto 2, Photographies Minao TABATA, Supervision Yoozaburoo SHIRAHATA, KTB Books, 2008 : p. 7-8 et 18-29
  • Catalogue du Musée Cloisonné Namikawa Yasuyuki, Jardins et bâtiments, Editions Musée Cloisonné Namikawa Yasuyuki, 2012
  • Japanese Gardens : Kyoto, PIE International, 2019 : p. 174 et 220

Lien externe

Vous trouverez quelques informations pratiques en anglais sur le site officiel Namikawa Cloisonné Museum of Kyoto.

Mise à jour : 30 septembre 2026