
SOMMAIRE
Description
L’hôtel Banyan Tree Higashiyama Kyoto, バンヤンツリー・東山 京都, est implanté sur les pentes boisées du quartier de Higashiyama 東山, dans l’Est de Kyōto 京都, à quelques 700 mètres à pied du temple Kiyomizu-dera 清水寺.
L’établissement occupe le site de l’ancien Hotel Ryōzen, ホテルりょうぜん, qui avait été construit au-dessus de la source thermale naturelle Higashiyama Onsen 東山温泉, particulièrement rare dans ce secteur de la ville.
Après la fermeture de l’hôtel historique, le groupe Banyan engagea au début des années 2020 le projet de créer sur ce site un établissement hôtelier de grand luxe avec l’ambition d’inscrire l’architecture du bâtiment dans l’histoire de la ville. Inauguré en juillet 2024, il constitue le premier hôtel de la marque Banyan Tree au Japon.
La maîtrise d’œuvre fut confiée à Kengo KUMA 隈研吾 (né en 1954), assisté de DWP International pour l’aménagement des espaces intérieurs et de Hashimoto Yukio Design Studio pour l’aménagement des chambres. L’hôtel s’organise en plusieurs volumes de faible hauteur répartis autour de cours, de jardins et de cheminements paysagers. Les bâtiments sont reliés par des passages couverts qui conduisent aux chambres, au restaurant, au spa et aux bains alimentés par la source thermale. L’entrée avec son grand portail couvert et les imposants murs de soutènement en pierre datant de l’ancien hôtel nous mène par une cour minérale vers l’intérieur de l’hôtel et ses espaces feutrés laissant voir l’arrière du bâtiment et son univers végétal.
Kengo KUMA a imaginé une architecture qui semble s’effacer dans son environnement grâce à l’emploi du cyprès japonais, « hinoki » 檜, dans des structures tridimensionnelles sur les grands débords de toiture et un auvent symbolique. Son intention était d’estomper progressivement la matérialité du bâti vers les espaces naturels des collines boisées de Higashiyama.
L’élément le plus remarquable de l’hôtel est sa scène extérieure de théâtre nō, « nō butai » 能舞台, baptisée Bamboo Pavilion construite côté forêt.Il s’agit du seul hôtel de Kyōto à posséder une véritable scène de nō permanente. Inspirée des théâtres traditionnels, elle comprend la scène principale, « butai » 舞台, le pont d’accès, « hashigakari » 橋掛かり, emprunté par les acteurs, et la salle du miroir, « kagami-no-ma » 鏡の間), où les acteurs revêtent leur costume et se préparent à entrer sur scène. Ce type de scène extérieure est traditionnellement édifié dans les sanctuaires et certains hauts lieux du patrimoine japonais, comme au sanctuaire Itsukushima-jinja 厳島神 sur l’île de Miyajima, au sanctuaire Kasuga Taisha 春日大社 de Nara ou encore au château de Nagoya. Au Banyan Tree, cette organisation est fidèlement reprise tout en étant réinterprétée dans un langage architectural contemporain.
Construite principalement en bois de cyprès, « hinoki » 檜, la scène est enveloppée d’une résille de fines lames verticales qui filtre la lumière et donne au bâti légèreté et transparence. Elle s’élève au bord d’un miroir d’eau dont la surface réfléchit la toiture, les bambous et les mouvements des nuages. Des dalles de pierre et une vasque entourent le bassin, tandis que plusieurs rochers soigneusement disposés dans le plan d’eau et en périphérie, du gazon et des dalles disposées comme au Tōfuku-ji par Mirei SHIGEMORI, des érables japonais, des bambous et des arbustes persistants composent un paysage d’une grande sobriété.
Cette mise en scène s’inspire du concept esthétique de « yūgen », 幽玄, qui peut traduire par « subtilité profonde ». Fondement de l’esthétique du théâtre nō depuis le XIVe siècle, le « yūgen » privilégie la suggestion plutôt que la démonstration, les jeux d’ombre plutôt que l’éclat et l’émotion intérieure plutôt que l’effet spectaculaire. Les transparences de la résille de bois, le bruissement des bambous, les reflets de l’eau et les variations de la lumière donnent ainsi l’impression que le pavillon tantôt apparaît, tantôt disparaît dans la végétation au fil de la journée.
Loin d’être un simple décor, cette scène constitue un véritable lieu de spectacle. Elle accueille régulièrement des représentations de théâtre nō et de « kyōgen » 狂言, mais également des concerts de « gagaku » 雅楽, de « koto » 琴 ou de « shakuhachi » 尺八, ainsi que des prestations de « geiko » 芸妓 et de « maiko » 舞妓. Elle incarne ainsi l’ambition initiale du projet d’être à la fois un hôtel de prestige, mais aussi un espace vivant où l’architecture contemporaine, le paysage et les arts traditionnels japonais se combinent dans l’excellence culturelle.
De beaux murs de soutènement en pierre, des bassins-miroirs et des assemblements de rochers tantôt bruts, tantôt taillés agrémentent les espaces extérieurs à l’arrière de l’hôtel.
D’autres réalisations de Kengo KUMA sont présentées sur le site japonjardin.fr. Vous pouvez consulter l’article consacré à « la nature intégrée aux projets de l’architecte Kengo Kuma » ici.
Les projets déjà publiés sont :
- l’hôtel ACE à Kyōto,
- le Musée d’Art Nezu à Tōkyō et
- le Musée département Albert Kahn à Boulogne-Billancourt.
Galeries de photographies
L’entrée de l’hôtel et son porche.












La scène de nō.






















L’architecture de la scène de no.
















La forêt de bambous.












L’arrière de l’hôtel en contrebas.
















Lien externe
Vous trouverez des informations sur l’hôtel en anglais sur le site officiel de Banyan Tree.
Mise à jour : 26 juillet 2026