
SOMMAIRE
Description
Le Musée de la Sculpture Asakura, Asakura Chōsokan 朝倉彫塑館, est situé dans le quartier historique de Yanaka, dans l’arrondissement de Taitō, au Nord-Est de Tōkyō. Le musée occupe l’ancienne résidence et atelier du sculpteur Fumio ASAKURA 朝倉文夫 (1883-1964). Ce musée offre une approche originale de l’art japonais moderne, où architecture, sculpture et jardin forment un ensemble indissociable.
Né dans la préfecture d’Ōita en 1883, ASAKURA a quitté sa région natale à l’âge de dix-neuf, pour Tōkyō afin de poursuivre ses études de sculpture. Il entre d’abord dans l’atelier du maître Kōun TAKAMURA 高村光雲 (1852-1934), puis intègre l’École des Beaux-Arts de Tōkyō, où il sera diplômé en 1907. Grand admirateur du sculpteur Auguste RODIN, son style réaliste lui apporte rapidement une grande renommée, notamment grâce à ses sculptures animalières, ses portraits et ses nombreuses représentations de chats. Professeur à l’École des Beaux-Arts de Tōkyō à partir de 1921, il sera le premier sculpteur à recevoir l’Ordre de la Culture en 1948. Il formera aussi de nombreux artistes au sein de son école installée dans sa propre résidence.
Après plusieurs agrandissements de sa propriété, ASAKURA entreprend à partir de 1935 une reconstruction presque complète de sa propriété. Il élabore les plans d’un ensemble combinant un bâtiment moderne en béton armé dédié à l’atelier et les salles d’exposition à une résidence traditionnelle de type « sukiya-zukuri » 数寄屋造. Son projet vise à créer un environnement où l’architecture, la sculpture et le paysage dialoguent en harmonie. Contrairement à de nombreuses demeures japonaises où le jardin est réalisé après les bâtiments, il conçoit une composition globale. Les fondations des bâtiments sont d’abord réalisées, puis les énormes blocs de pierre sont mis en place à l’aide d’engins de levage qu’il ne serait plus possible de faire entrer dans la cour centrale avant d’engager les élévations des différentes ailes des bâtiments. Ces travaux s’échelonneront jusqu’à 1939.
La cour intérieure constitue le cœur de cette composition. Elle s’organise autour du « Goten no Ike » 五典の池, « Etang des Cinq Vertus ». Cette pièce d’eau, qui accueille des carpes « koï », est alimentée par une source naturelle provenant du plateau de Yanaka. Un étonnant petit jet d’eau émergeant d’une pierre rouge, sorte de « chōzubachi » 手水鉢, anime en permanence le jardin et apporte une touche sonore contrastant avec le calme de l’architecture.
Cinq imposants rochers émergent de l’eau et symbolisent les vertus confucéennes : la bienveillance, « jin » 仁, la droiture, « gi » 義, le respect, « rei » 礼, la sagesse, « chi » 智, et la fidélité, « shin » 信. Le plus imposant rocher, « kyoseki » 巨石, est un vaste bloc gris foncé dont la surface est exceptionnellement lisse, vraisemblablement choisi par Fumio ASAKURA pour son poli naturel. Les plantations accompagnent les enrochements et l’étang : érables japonais « iroha momiji » イロハモミジ, des bambous, « take » 竹, des azalées, « tsutsuji » ツツジ, des camélias « tsubaki » 椿, un lilas des Indes, « sarusuberi » 百日紅, ainsi que des mousses et des fougères.
Depuis les galeries qui entourent la cour ou depuis les salles à l’étage, l’on observe les relations entre les rochers, le végétal et l’eau.
Plus qu’un simple jardin de résidence, cette cour constitue une véritable œuvre d’art totale, où ASAKURA applique à l’espace paysager les mêmes principes d’équilibre et de modelé que dans ses œuvres de sculpteur. Cette conception, particulièrement novatrice dans le Japon des années 1930, explique le classement de l’ensemble en tant que « site pittoresque », « meishō » 名勝, reconnaissant la valeur exceptionnelle de cette fusion entre création artistique et paysage.
Ecrit de Fumio ASAKURA
Fumio ASAKURA qui se considère comme « fervent admirateur de l’eau » a rédigé un essai intitulé « Mizu no Raisan », « L’éloge de l’eau ».
Voici un extrait affiché dans le musée : « Depuis mon salon, j’observe l’eau de l’étang. Parfois, le ciel bleu et les nuages blancs s’y reflètent magnifiquement. D’autres fois, une brise légère y fait naître des ondulations. Parfois encore, elle accueille une pétale de camélia ou des feuilles tombées des arbres. Lorsque je pose mon regard sur elle, mes pensées impures s’évanouissent et je glisse vers un état de vacuité. Je ne saurais dire à quel point ces instants, où l’eau apaise et réinitialise mon esprit, me sont précieux. Ce renouveau intérieur m’incite à me consacrer davantage encore à mon art ».
Dessin
Galeries de photographies
L’entrée du musée et la façade du bâtiment moderne.




La cour.








Les rochers.




Le jet d’eau.




La cour vue de l’étage.

Oeuvres sculptées de Fumio Asakura




Référence bibliographique
- Japanese Gardens in Tokyo 2024, Tokyo Metropolitan Park Association, 2024 : p. 31-32
Lien externe
Vous trouverez des informations en anglais sur le site officiel de Asakura Museum of Sculpture.
Mise à jour : 21 juillet 2026
