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Description
Longeant le fleuve Hiji-gawa 肱川, la demeure Garyū Sansō 臥龍山荘 à Ōzu 大洲 fut édifiée par le riche négociant en cire végétale Kawauchi Torajirō 河内寅次郎 (1853-1909), originaire d’Ōzu. Ayant fait fortune à Kōbe dans l’exportation de cire de bois, « mokurō » 木蝋, il acquiert ce site en 1899 et consacre plus de dix années à l’aménagement de sa résidence pour sa retraite.
Le domaine occupe un remarquable promontoire dominant le fleuve et doit son nom à la colline voisine Hōrai-zan 蓬莱山, dont la silhouette évoquerait un dragon couché. Ce lieu était déjà apprécié à l’époque féodale par les seigneurs du domaine d’Ōzu. Le troisième daïmyō du fief, Katō Yasutsune 加藤泰恒 (1659-1711), aurait lui-même donné au site le nom de Garyū, « dragon couché ».
Pour réaliser son projet, Kawauchi Torajirō fit appel au maître de pavillons de thé de Kyōto Yagi Jinbei 八木甚兵衛 comme conseiller, tandis que le maître charpentier de la ville Nakano Torao 中野寅雄 supervisait le chantier. Inspiré notamment par les villas impériales de Katsura Rikyū 桂離宮 et Shugakuin Rikyū 修学院離宮, l’ensemble constitue aujourd’hui l’un des plus remarquables exemples d’architecture « sukiya-zukuri » 数寄屋造 de l’ère Meiji.
Le jardin se développe tout en longueur entre la pente boisée et le fleuve. Un cheminement composé de pierres de toutes formes et origines soigneusement disposées conduit successivement aux différents bâtiments, dont le principal est Garyū-in 臥龍院 achevé en 1905.
Au fond de la parcelle se dresse le célèbre pavillon de thé Furō-an 不老庵,achevé en 1901, souvent considéré comme l’un des plus remarquables pavillons de thé du Japon de l’époque Meiji. Cet édifice est construit en encorbellement, « kake-zukuri » 懸造, car elle est comme suspendue au-dessus des rochers de la rive. Évoquant la proue d’une embarcation s’avançant sur les eaux du fleuve, cette maison de thé offre un des paysages les plus emblématiques de l’île de Shikoku. La composition paysagère privilégie les vues empruntées, « shakkei » 借景, associant le fleuve et les montagnes environnantes et bénéficiant des variations de paysage en fonction des saisons. L’attention portée au moindre détail, depuis les pierres du jardin jusqu’aux boiseries, aux fenêtres et aux pavillons, traduit la volonté de Kawauchi Torajirō de créer une œuvre totale associant architecture, jardin et paysage naturel.
Peu après l’achèvement du domaine, son créateur mourut en 1909 à l’âge de cinquante-six ans. Sa tombe, située sur la rive opposée du fleuve, fait encore face à la villa qu’il avait rêvé pour sa retraite.
Plan
Galerie de photographies













Références bibliographiques
- Japon, Le Guide Vert, Michelin, 2015 : p. 623
- Japon, Lonely Planet, 6ème édition, 2017 : p. 716
Lien externe
Vous bénéficierez de quelques renseignements pratiques sur ce jardin dans la page internet en anglais de la Préfecture d’Ehime en cliquant sur ce lien.
Mise à jour : 17 juin 2026
