Au Japon et en dehors du Japon
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Jōju-in

Description

Situé dans l’enceinte du grand temple de Kiyomizu-dera 清水寺, le jardin de Jōju-in 成就院 se trouve dans le quartier de Higashiyama 東山 à Kyōto 京都 à l’Est de la ville.

Le nom Jōju-in signifie littéralement « pavillon de l’accomplissement », évoquant l’idée d’un lieu où les vœux spirituels trouvent leur aboutissement.
Le jardin est dénommé Jardin de la lune s’observe depuis les salles du pavillon, notamment depuis la véranda, « engawa » 縁側, qui ouvre la vue sur deux directions : vers le jardin principal à l’Est et vers un espace secondaire à l’Ouest.
Jōju-in est l’un des sous-temples, « tatchū » 塔頭, dépendant du Kiyomizu-dera 清水寺. Le bâtiment actuel date d’une reconstruction en 1639, sous le patronage de l’impératrice Tōfukumon’in 東福門院(1607–1678). Ce lien étroit avec le grand sanctuaire explique le caractère contemplatif du jardin, conçu comme un espace de méditation en harmonie avec la montagne environnante.
Le jardin, représentatif du début de l’époque d’Edo, est attribué selon les traditions à Kobori Enshū 小堀遠州(1579–1647, Sōami 相阿弥(mort vers 1525) ou encore au lettré Matsunaga Teitoku 松永貞徳(1571–1654. Le traité Tsukiyama Teizōden 築山庭造伝, datant de 1716, le qualifie de jardin de style élégant et tempéré, « ten-ga onjun-tai » 典雅温淳体), ce qui correspond à un équilibre entre sobriété et raffinement.
Malgré sa surface réduite, ce jardin à étang, « chisen » 池泉, donne une impression d’espace remarquable. Le bassin central s’ouvre visuellement vers le mont Kōshōji 興正寺山, intégré comme paysage emprunté « shakkei » 借景. Les massifs végétaux dans le fond du jardin sont taillés volontairement basse afin de permettre au regard de dépasser la limite du jardin et d’englober le relief lointain, créant une continuité avec la montagne.
Le dispositif de pierres, « ishigumi » 石組, est particulièrement élaboré. L’îlot central est marqué par la pierre Eboshi-ishi 烏帽子石, eboshi désignant une coiffe aristocratique de la cour impériale, suggérant ici une forme élégante et élancée. Plusieurs lanternes, « tōrō » 石灯籠, rythment la composition : la lanterne libellule, « kagerō-tōrō» 蜻蛉燈籠,et la lanterne temari, « temari-tōrō » 手毬燈籠. Le bassin d’ablution, « tsukubai » 手水鉢, dénommé Tagasode 誰が袖, aurait été offert par Toyotomi Hideyoshi 豊臣秀吉(1537–1598, chef militaire et unificateur du Japon à la fin du XVIème siècle.
À l’arrière-plan, les pentes du mont Otowa 音羽山 sont plantées d’arbres taillés en formes variées, carrées ou arrondies, créant un effet de profondeur et une grande richesse visuelle.
Dans la partie occidentale, le jardin adopte un caractère plus dépouillé : un grand chêne domine un espace simple où se trouve une lanterne triangulaire, « sankaku-tōrō » 三角灯籠. À proximité de la véranda est placé un « tsukubai » en pierre naturelle, non sculpté, dont la simplicité accentue l’atmosphère sobre de cet espace. Cette partie ouvre également des vues lointaines vers Kyōto, jusqu’aux montagnes d’Arashiyama 嵐山 et d’Atago 愛宕山.

Le jardin de Jōju-in a été classé site de beauté pittoresque, « meishō » 名勝, en 1936, reconnaissance officielle de sa valeur artistique et historique.

Le jardin est surnommé Jardin sous la lune ou « tsuki no niwa » 月の庭. Cette appellation n’est pas son nom officiel mais elle est utilisée par le site du Kiyomizu-dera lors du « Special Viewing ». Elle provient de l’atmosphère particulière du jardin lorsque la lune se lève au-dessus des collines de Higashiyama. Cette dimension nocturne correspond parfaitement à l’esthétique japonaise de contemplation discrète et saisonnière. Le jardin n’est en effet pas accessible toute l’année : l’ouverture au public est limitée à certaines périodes, notamment au printemps en soirée et en automne dans la journée et en soirée. Ces ouvertures ponctuelles renforcent le caractère privilégié des visites.

Galeries de photographies en automne

Photographies sur le parvis du temple ; les photographies à l’intérieur n’étant actuellement pas autorisées.

Cartes postales du jardin

Photographies des archives de Roland Schweitzer

L’architecte français Roland SCHWEITZER, spécialiste de la construction en bois, s’est rendu au Japon à sept reprises entre 1967 et 2011. Il a ainsi visité le temple Kiyomizu-dera et le jardin Joju-in.

Après son décès en 2018, les diapositives de ses voyages au Japon ont été données par sa fille Marie SCHWEITZER à l’Académie d’architecture qui les a déposées au Centre d’archives d’architecture contemporaine de la Cité de l’architecture. Elles ont été numérisées par l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg.

Une partie d’entre elles sont présentées ici avec l’accord de Marie SCHWEITZER et les autorisations des gestionnaires du fonds Roland Schweitzer : l’Académie d’architecture, la Cité de l’architecture et du patrimoine et les Archives d’architecture contemporaine.

Ci-dessous les prises de vue de Roland SCHWEITZER du jardin Jōju-in numérisées et retouchées.

Vous pouvez accéder aux autres galeries de photographies de Roland SCHWEITZER :

Lien externe

Vous trouverez des informations en anglais sur le temple et l’accès « Special Viewing » d’automne.

Mise à jour : 7 mai 2026