Au Japon et en dehors du Japon
Au Japon et en dehors du Japon

Tenryū-ji

Description

Le temple Tenryū-ji 天龍寺 est situé au pied des collines d’Arashiyama 嵐山, à l’Ouest de la ville de Kyōto 京都. Fondé en 1339 par le shogun Ashikaga Takauji 足利尊氏 (1305-1358) pour apaiser l’esprit de l’empereur Go-Daigo 後醍醐天皇 (1288-1339), il intègre une conception de jardin d’une grande profondeur philosophique. Le temple appartient à l’école zen Rinzai.

Le jardin est attribué au moine-paysagiste Musō Soseki 夢窓疎石 (1275-1351), figure majeure de l’esthétique des jardins de l’époque de Muromachi.

À l’approche du temple, on franchit d’abord la porte principale Chokushimon, 勅使門, qui marque la transition entre le monde profane et l’espace sacré puis l’on traverse l’étang Hōjo 放生池 par un pont de pierre pour se diriger vers les bâtiments du temple.

Devant la réception sont disposée de gros rochers. Cette composition minérale avec une pierre maîtresse verticale figurant l’axe cosmique bouddhique encadrée de blocs secondaires représente le Mont Sumeru, Shumisen en japonais 須弥山, la montagne de la cosmologie bouddhique. Elle a été réalisée par le paysagiste moderne Sone Saburō 曽根三郎 (1918-2002) en 1987. Ce même paysagiste a aussi réalisé le Jardin du Nirvana 涅槃の庭 au temple Shinnyo-dō 真如堂 en 1988.

Derrière le « hōjō » 方丈, le jardin s’ouvre sur le grand plan d’eau de Sōgen-chi 曹源池, centre de la composition paysagère. Ce bassin est précédé d’un jardin sec ratissé en bandes parallèles à la véranda, « engawa » 縁側, du « hōjō ». La conception du jardin autour d’un plan d’eau, « chisen-kaiyū-shiki », est celle d’un tableau vivant à contempler depuis l’intérieur des salles. Depuis cette position surélevée, le regard se déploie d’abord sur la surface réfléchissante de l’eau, puis sur les compositions de pierre, les îlots et les végétations qui modulent les perspectives saisonnières.

Un élément essentiel de ce jardin est l’emploi du « shakkei » 借景, littéralement « paysage emprunté ». Au-delà des limites du jardin, les pentes boisées d’Arashiyama 嵐山 et de Kameyama 亀山 sont incorporées à la composition donnant une profondeur au paysage. De cette manière, la topographie naturelle environnante devient partie intégrante du jardin, prolongeant visuellement l’espace et donnant au jardin une impression de grandeur et de continuité entre architecture, eau, pierres et montagne.

Sur la rive opposée du cascade sèche, au pied de la pente boisée, se trouve la composition de pierres représentant un motif de cascade sèche, connue sous le nom de Ryūmon-baku 竜門瀑. Cette configuration est l’expression la plus puissante du thème du jardin : la pierre verticale suggère un torrent figé, tandis que devant elle, une petit « pont de pierre » constitué de dalles plates symbolise l’union des enseignements bouddhiques (bouddhisme, confucianisme, taoïsme) et invite le regard méditatif du visiteur à franchir, dans l’esprit, les obstacles du monde pour atteindre l’éveil.

Le jardin de Tenryū-ji incarne ainsi non seulement une expérience contemplative, mais aussi une symbolique profonde issue du bouddhisme zen, où l’eau, les pierres et le paysage participent à une quête spirituelle.

Les autres jardins dessinés par Musō Soseki incluent notamment ceux du Saïhō-ji 西芳寺 à Kyōto, célèbre pour son tapis de mousses, du Zuisen ji 瑞泉寺 à Kamakura et du Eihō ji 永保寺 à Tajimi.

Certains sous-temples, « tatchū » 塔頭 , rattachés au Tenryū-ji peuvent être visités, tels que Hōgon-in 宝厳院 lors de sessions spéciales au printemps et en automne pour contempler les érables rouges « momiji », Kōgen-ji 弘源寺 lors d’expositions temporaires et en automne et Shōgen-in 松巌院 lors d’ouvertues exceptionnelles. Les autres sous-temples ne sont généralement pas accessibles au public, tels que Ryūgen-in 龍源院, Myōchi-in 妙智院, Shōrin-in 松林院, Jōzai-in 浄財院 et Ankoku-in 安国院.

Plans

Plan de masse avec les étangs de lotus.

Pan du jardin principal avec son étang issu de l’ouvrage « Sakutei-ki ou Le livre secret des jardins japonais » de Pierre et Suzanne RAMBACH.

Dessin

Dessin de la vision de l’étang depuis le « hōjō » par Clément Keller.

L’ensemble des dessins de jardins japonais de Clément Keller est accessible en cliquant ici.

Photographies

La porte du temple et l’étang Hōjo recouvert de lotus.

Les rochers illustrant le Mont Shumisen devant la réception photographiés par Christophe KURZ.

Le jardin Hōjō « Jōshintei »

Vues autour de l’étang Sōgen-chi.

Vues sur l’étang Sōgen-chi au début de l’automne par Jean KELLER.

Vues vers la galerie en direction de la forêt de bambous.

Références bibliographiques

  • The Garden Art of Japan, The Heibonsha Survey of Japanese Art, Volume 28, Masao HATAKAWA, Weatherhill/Heibonsha, 1973 : p. 70-71 et 73
  • Sakutei-ki ou Le livre secret des jardins japonais, Pierre et Suzanne RAMBACH, Albert Skira Editeur, 1973 : p. 18-21 et 199
  • Le jardin japonais, Imtraud SCHAARSCHMIDT-RICHTER, Office du Livre, 1979 : p. 50-51 ,53, 96, 98, 108, 112, 147, 164, 256 et 297
  • Jardins du Japon, Teiji ITOH, Kodansha International Ldt – Editions Herscher, Teiji ITOH, 1984 : p. 40, 54-55 et 212
  • The Japanese Garden, Islands of Serenity, Haruzo OHASHI, Graphic-sha, 1986 : p. 25 et 96
  • Invitation to Kyoto Gardens, Kenzo YAMAMOTO, Suiko Books, 1989 : p. 42 et 58
  • Le jardin japonais – Angle droit et forme naturelle, Günther NITSCHKE, Taschen, 1990 : p. 74-78, 96-97 et 110-111
  • Zen Gardens, Kyoto’s Nature Enclosed, Tom WRIGHT – Mizuno KATSUHIKO, Suico Books, 1990 : p. 42-43
  • Jardins du Japon, Jardins du ciel, Maurice FLEURENT, Edisud, 1993 : p. 76-77
  • Kyoto Gardens, Kinsaku NAKANE, Hoikusha, 13ème édition, 1999 : p. 6-9 et 102
  • Les leçons du Jardin Zen, Espace et illusion, Erik BORJA, Editions du Monde, Editions du Chène, 1999 : p. 18-23 et 26
  • L’art du jardin au Japon, Marc Peter KEANE, Editions Philippe Piquier, 1999 : p. 63
  • Infinite Spaces, The Art and Wisdom of Japanese Garden, Joe EARLE, Galileo Publisher, 2000 : p. 74
  • Gardens in Kyoto, Katsuhiko MIZUNO 水野克比古, Suiko Books, 2002 : p. 40-41
  • The Gardens of Kyoto, Chisen, Photographs : Kenzo YOKOYAMA, Seigensha Art Publishing, 2008 : p. 72-76 et 137
  • Les jardins du Japon, Invitation au voyage, Helena ATTLEE, Synchronique Editions, 2009 : p. 124-127
  • Jardins japonais, Danielle ELISSEFF, Nouvelles Editions Scala, 2010 : p. 40-43
  • Kyoto gardens, Masterworks of the Japanese Gardener’s Art, Judith CLANCY, Tuttle, 2014 : p. 102-105
  • Japon, Le Guide Vert, Michelin, 2015 : p. 398
  • Le jardin japonais, Sophie WALKER, Phaidon, 2017 : p.109-11, 121, 243, 249 et 260
  • Japon, Lonely Planet, 6ème édition, 2017 : p. 340
  • Zen Gardens and Temples of Kyoto, A guide to Kyoto’s most important sites, John DOUGHILL, Tuttle, 2017 : p. 100-103
  • Jardins zen japonais, Yoko KAWAGUCHI, Synchronique Editions, 2018 : p.4-5, 22, 30, 43, 102-105
  • The Art of Japanese Garden, David and Michiko YOUNG, Tuttle, 2019 : p. 92-95
  • Japanese Gardens : Kyoto, Akira NAKATA & Tamayo SAMEJIMA, PIE International, 2019 : p. 32-34 et 177
  • 100 japanese gardens, Stephen MANSFIELD, Tuttle, 2019 : p. 82-83
  • Le fuzei dans les jardins du Japon, Claude LEFEVRE, Ulmer, 2019 : p. 146

Lien externe

Vous trouverez quelques informations pratiques en anglais sur le site officiel du Tenryū-ji.

Mise à jour : 28 février 2026