
SOMMAIRE
Description
Le temple Hōju-in 保寿院 est implanté sur une terrasse dominant le vaste complexe du temple Eihō-ji 永保寺, dans la ville de Tajimi 多治見. Implanté sur les pentes du mont Kokei, Kokeizan 虎渓山, Mont du Val du Tigre, il constitue le plus ancien des sous-temples, « tatchū » 塔頭, rattachés au temple Eihō-ji et relève de la branche Nanzen-ji de l’école zen Rinzai
Le temple a été fondé en 1341 par Kasan Shōi Zenji 華山正意 (1276-1366), troisième abbé d’Eihō-ji et disciple direct du fondateur Musō Soseki 夢窓疎石 (1275-1351), moine et paysagiste majeur. Depuis l’époque médiévale, Hōju-in joua un rôle déterminant dans la formation des abbés appelés à diriger des monastères majeurs du réseau Rinzai, notamment les temples Tenryū-ji 天龍寺, Engaku-ji 円覚寺 et Nanzen-ji 南禅寺. Cette circulation d’abbés témoigne de l’intégration d’Eihō-ji dans le système des cinq montagnes, Gozan 五山, réseau hiérarchisé des grands temples zen patronnés par le pouvoir shogunal.
L’accès s’effectue par une porte peinte en rouge vermillon, « sanmon » 三門, une singularité régionale de la région historique du Tōnō 東濃 (territoire à l’Est de la préfecture de Gifu, à la frontière de la préfecture d’Aichi).
Le temple est composé du pavillon principal, « hondō » 本堂, à droite, d’un pavillon secondaire, à l’arrière, de la salle du fondateur, « kaisan-dō » 開山堂 et plus à gauche, de la salle des tablettes commémoratives, « ihai-dō » 位牌堂. Le bâtiment résidentiel des moines, « kuri » 庫裏, fut reconstruit dans les années 1930. À l’arrière se trouvent le pavillon d’étude, « shoin » 書院 et un pavillon de thé « chashitsu » 茶室 intégrés à la composition paysagère moderne.
Le jardin principal fut aménagé vers 1933 sous la direction de Matsuo Sōshō 松尾宗松 (1898-1975), maître de la lignée de l’école paysagère Matsuo-ryū 松尾流. Il s’agit d’un jardin sec de contemplation, « karesansui » 枯山水, combiné à des zones de mousse et à un emprunt de paysage, « shakkei » 借景, intégrant les reliefs boisés du mont des Immortels Hōraizan 蓬莱山.
La composition articule des masses de cèdres taillés, des nappes de mousse évoquant des rivages, des lignes de sable ratissé figurant des vagues, des pins noirs structurants, pins « matsu » 松, un bassin d’ablution « chōzubachi » 手水鉢, et des lanternes de pierre, lanternes « tōrō » 灯籠.
À proximité de la salle principale s’élève la pagode commémorative Senrei-tō 千霊塔, dédiée aux abbés successifs. Non loin se trouve une statue de Kannon aux mille bras, Senju Kannon 千手観音, intégrée au parcours des trente-trois Kannon du Mont Kokei, pèlerinageKokei Sanjūsankannon 虎渓三十三観音.
À l’ouest du « hondō », une pinède basse s’étend sur un tapis dense de mousse, menant vers une maison de thé aménagée dans l’esprit rustique, style de chaumière « sōan » 草庵, évoquant une ancienne cabane de moulin à eau.
Cette transition du traitement minimaliste minéral du jardin sec vers une atmosphère plus ombragée et végétale s’inscrit dans une conception moderne mais respectueuse des principes zen : sobriété, profondeur spatiale et modulation saisonnière.
Au printemps, un cerisier pleureur, « shidare-zakura » 枝垂桜, attire le regard et en été, les mousses et l’ombre des pins apportent de la fraicheur.L’ensemble conjugue l’héritage médiéval et sa réinterprétation du XXème siècle, inscrivant le temple Hōju-in dans une continuité spirituelle et paysagère.
Plan
Plan de localisation du temple Hōju-in.

Galeries de photographies
La porte d’entrée du temple, et son approche depuis le temple Eihō-ji situé en contrebas.





Le jardin principal.

























Vues de la pagode Senrei-tō et des pins taillés en « daizuki ».





Lien externe
Vous trouverez des informations en japonais sur le site officiel « hojuin ».
Mise à jour : 17 février 2026